Journal, 20 novembre 2009: Un moment de répit
Depuis près de deux heures, je suis confortablement assis sur un sac de foin, laissant le vent souffler autour de moi et levant régulièrement les yeux vers mon troupeau, ces milliers de nuages, mes moutons. Carlo et Mahmoud sont partis vers le nord pour récupérer un ancien dépôt d’eau et de matériel. Cela me donne l’occasion de me reposer. De temps en temps, les chameaux tournent la tête vers moi pour voir si je suis toujours là. Ils ont reçu leur ration d’eau après quatre jours et sont visiblement satisfaits. Ces heures me permettent également de faire sécher au soleil et au vent mon bivouac et mon sac de couchage mouillés (!). Le phénomène d’humidité pendant la nuit entraîne la formation de nuages aux formes les plus diverses. Des formes que j’essaie de capturer avec mon appareil photo. Comme par magie, mon regard est attiré vers le haut, vers le troupeau, vers les nuages. À part le souffle intermittent du vent et la rumination satisfaisante des chameaux, le silence règne – on croirait entendre le bruit de son propre sang. Une fois de plus, je me suis adapté au rythme du désert, avec ses longues nuits généralement étoilées, enveloppé dans mon sac de couchage et mon sac de bivouac, ami avec les matins précoces, vierges et si énergiques, sans parler du jeu d’ombres de la dernière heure de la journée.
Bivouac N23°50.050 E26°00.433
