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Journal, 13 mars 2009: Vendredi, jour de repos et de fête

Des pas qui glissent sur le sable granuleux. Une prière chantée parvient à mes oreilles. Ahmed, avec son indispensable radio, passe tranquillement devant moi. Mon regard errant se pose sur lui, sur les traces qu’il laisse dans le sable. Le vent les épargne aujourd’hui : lui aussi est en repos, en jour férié. Plus au nord, Eed, le campement inactif, s’approche comme un petit trait. De temps en temps, il se retourne, plongé dans la contemplation des montagnes lointaines. Elles marquent l’horizon de leur empreinte, derrière elles se dessine la bordure légèrement violette et bleutée du « plateau sans nom ». À l’est reposent deux cratères géants, enfoncés en eux-mêmes, comme les restes d’une énorme bulle éclatée. Le ciel est d’un bleu léger, en parfaite harmonie avec le sable jaunâtre et strié.

Hesham s’est lui aussi levé de son campement nocturne. Quelques bribes de conversation me parviennent – la signification des mots est encore incontournable pour le Bédouin. Le lit isolé de Carlo est désert. Il s’est retiré à l’ombre des deux Toyota, réfléchissant et analysant sans doute ses innombrables points de repère – un travail sans fin, plein de profondeur et aussi de déceptions, mais aussi, dans ses moments de gloire, plein de sommets et de succès impressionnants. Ahmed se promène avec sa mosquée parlante, le visage tourné vers l’est. Ses pas hésitants s’arrêtent souvent, symbolisant peut-être toute sa vie. Il me cherche brièvement du regard depuis les hauteurs et me fait un signe de la main chaleureux, joyeux et modeste, comme toujours.

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