Journal intime, 10 novembre 2006: Première rencontre avec Carlo Bergmann
Il est un peu plus de 10 h 30 et je suis confortablement installé à l’abri du vent dans la vieille Toyota Land Cruiser de Mahmoud. La Toyota, un modèle des années 80, a un moteur sonore. On pourrait presque tomber amoureux de la musique de la quatrième vitesse, grave et sourde, puissante et apaisante. Le vent des derniers jours nous a épargnés pendant la nuit, mais il s’est récemment levé à nouveau. Il effleure sans cesse mes longs cheveux – une caresse, peut-être aussi un salut aux étendues infinies de sable. Ce vent a longtemps été mon fidèle compagnon dans les hauts plateaux éthiopiens. Combien de fois me suis-je alors douchée dans sa fraîcheur merveilleuse et ai-je ainsi puisé de nouvelles forces et énergies pour les longues et difficiles marches.
Mahmoud et ses hommes sont en train de charger les deux Unimogs. Mahmoud a emporté une quantité incroyable de matériel pour cette mission de dix semaines. Rien que l’eau et l’essence forment déjà une montagne de bidons. Tout a été prévu, même pour la nourriture. Une table, des chaises, de vrais matelas, un nombre incroyable de sacs remplis de marchandises, même des tapis, des rideaux muraux colorés pour se protéger du vent, de grandes bouteilles de gaz, les ustensiles de cuisine et la vaisselle habituels, et bien d’autres choses encore… Le vent continue de me caresser. Il y a encore du matériel à côté de l’Unimog – c’est agréable d’avoir du temps pour soi et pour ses pensées.
11h00 : T 24,4 °C, LF 30,8 % Position du bivouac : N24°12.120 E26°28.172
Quelle première rencontre avec Carlo Bergmann et ses trois chameaux Arabella, Amour et Ashan ! Quelle joie et quel enthousiasme plein d’attentes ! Au pied de la «Black Hill» (822 m, N24°17.637 E26°28.134), il se tenait debout, silhouette filiforme sur une élévation sablonneuse. Son signe de la main si accueillant et chaleureux restera gravé dans ma mémoire.
